Quelques instantanés du 19e congrès de MATh. en. JEANS

Le 19e congrès … de l’association MATh. en. JEANS s’est tenu à Paris les 28, 29 et 30 mars dernier à l’université Paris Diderot.

L’ancienne Halle aux Farines a été récemment transformée en lieu d’enseignement par un architecte qui tenait à montrer son extrême respect de l’architecture industrielle du siècle dernier et son culte du béton nu.

Ce lieu, que certains disent austère, n’a pas connu pareille animation depuis sa réhabilitation. Les salles, couloirs, circulations sont envahis par une multitude de stands. Derrière les tables, des enfants, des adolescents. Vous vous avancez : « de quoi ça parle, ton truc ? » Timide le môme appelle son copain « Il va vous expliquer, c’est lui le spécialiste » et le deuxième d’embrayer avec sérieux sur son problème de probabilités au Monopoly ou de déplacement de voitures dans les embouteillages.

Les murs, au grand dam des pompiers, sont envahis d’affiches qui parlent de Vauban, de colliers de perles ou de triplets Pythagoriciens dans un joyeux foisonnement.

Partout on explique, discute, gigote, casse la croûte dans un joyeux brouhaha.

Mais dans les amphis et les salles où ont lieu les animations, le silence est de rigueur. Le respect s’impose envers les groupes de « graines de chercheurs » qui se succèdent à la tribune à un rythme accéléré, juste ralenti par les aléas de la technique quand le groupe prêt à parler doit affronter les caprices du vidéo projecteur.

Et c’est tout à la fois très drôle et très passionnant.

Car, il y a de tout dans les exposés présentés. Du doublé de lycéens brillants qui domine son sujet et montre des qualités d’exposition d’adultes jusqu’aux petits élèves de sixième, tremblant devant l’audience impressionnante et qui se lancent vaillamment dans leur exposé, en oubliant juste qu’il vaut mieux énoncer le problème avant d’en donner la solution.

Il y a la petite qui nous déclare péremptoire « la théorie nous dit qu’il faut multiplier par 2 et enlever 1 » (mais pour faire quoi, mystère…). Il y a la jeune fille qui, à la question venue de la salle « Est-ce que vous savez si le problème a toujours une solution ? » s’exclame indignée « Mais non. Comment savoir ? Vous pensez bien qu’on n’a pas eu le temps de les chercher pour tous… ». Il y a les savants qui, sans bien qu’on sache pourquoi, cherchent désespérément un point à distance rationnelle des sommets d’un triangle. Ou d’autres qui se posent le même problème pour les coordonnées des points d’un cercle et le résolvent avec un superbe recours à un procédé de descente infinie…Ceux qui pavent des rectangles avec des carreaux et ont su se limiter à des situations simples mais où ils produisent de vraies démonstrations. Il y a ceux qui battent les cartes et tentent de les ramener à l’état initial, ou ceux qui évaluent la probabilité de lignées de chevaliers à se perpétuer, tournant résolument le dos à l’idéologie de l’utilitaire à tout prix.

Et surtout, ce qui fait la force de la démonstration, c’est que ce sont de vrais élèves, des élèves normaux, avec tous les attributs du collégien ou du lycéen, casquette vissée sur la tête ou baladeur dans les oreilles. Ce ne sont pas quelques extra-terrestres sortis du sérail mathématique. Ce ne sont pas quelques privilégiés issus des plus hautes sphères sociales. Ce sont des élèves comme ceux que nous voyons tous les jours, qui viennent avec leurs valeureux professeurs se plonger dans l’ambiance extraordinaire de ce week-end mathématique. Et qui y trouvent un plaisir manifeste.

Oui, je vous le dis, il y a de tout à MATh. en. JEANS. Mais ils ont tous un point commun : ils sont jeunes, ils sont heureux d’être là et ils font des maths avec enthousiasme !

Claudie Asselain-Missenard

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