Texte préparatoire au rendez-vous avec le CSP

- 3 octobre 2018 -

 

Afin de préparer le rendez-vous de représentants de l’APMEP avec des représentants du CSP, le bureau a sollicité la commission LEGT et a rédigé le texte suivant.
Ce texte sera complété par celui de la cfem et par le compte rendu de la réunion.

 

    L’APMEP regrette de n’être officiellement consultée par le Conseil Supérieur des Programmes qu’au moment où l’écriture des programmes est sur le point d’être finalisée. En tant qu’association d’enseignants, nous aurions souhaité être auditionnés avant le début du travail. Par ailleurs, à l’heure où les cartes de formation sont en cours d’élaboration, nous appelons de nos vœux une publication rapide des projets de programmes afin que nous puissions prendre connaissance des directions prises et avoir le temps d’en analyser les contenus et de participer réellement à la consultation annoncée.

   L’APMEP demande une mise en cohérence des programmes des lycées (LEGT et LP) par rapport aux programmes du collège.

   L’APMEP demande que les enseignants aient, au moment de la publication des programmes, une visibilité sur l’ensemble du cursus de la 2nde à la terminale ainsi que sur les attendus de l’enseignement supérieur.

Pour élaborer des programmes qui permettent de réels apprentissages pour les élèves, il faut selon nous :

  • Prendre en compte la réalité du temps d’enseignement dont on dispose : d’après le calendrier officiel de l’année scolaire, les périodes d’examens et les calendriers des conseils de classe, nous évaluons le nombre de semaines disponibles pour l’enseignement au grand maximum à 30 semaines. L’APMEP demande que les programmes ne soient pas pléthoriques et privilégient un nombre moins important de concepts et suffisamment d’outils pour les faire vivre en classe dans des situations variées.
  • Prendre en compte la constitution probable des classes : le fait de n’avoir qu’une seule spécialité maths en première générale et d’avoir un enseignement commun unique en voie technologique entrainera nécessairement une grande diversité des motivations des élèves au sein d’un même groupe. On peut donc prévoir des groupes classe chargés, à profils hétérogènes notamment dans les petits établissements, et des projets d’orientation très variés. Les contenus des programmes devraient donc à la fois permettre un réel dialogue avec les autres disciplines étudiées par chaque élève tout en gommant les spécificités propres de ces autres disciplines, ce qui est paradoxal. Par exemple, pour un élève qui étudie la physique, la notion de dérivée prend du sens avec la notion de vitesse, alors que pour un élève qui étudie l’économie, elle prend du sens avec la notion de coût marginal.

   Le développement de l’oral dans l’enseignement au lycée est un objectif que l’APMEP soutient. L’acquisition de ces compétences doit être prévue par les programmes dans ses spécificités disciplinaires et ne pas être empêchée par une organisation structurelle inadaptée (groupes surchargés, matériel indisponible, temps consacré insuffisant). Cependant, le grand oral est une épreuve particulière pour laquelle nous demandons l’explicitation des attendus, des contenus et des modalités de préparation. Il est écrit sur le site du ministère : « Parce que l’aisance à l’oral constitue un marqueur social, il convient justement d’offrir à tous les élèves l’acquisition de cette compétence ». Il faut donc prévoir, en dehors du temps réservé à l’enseignement des spécialités, des temps de préparation à cette épreuve dès la classe de première, afin de prendre en compte le projet individuel de chaque élève.

   L’APMEP souhaite une clarification des liens entre l’enseignement de la programmation et les programmes de mathématiques :

  • Cet enseignement commence dès l’école primaire, est développé au collège et actuellement poursuivi au lycée général et technologique dans les programmes de mathématiques. En revanche, aucun enseignement d’algorithmique et de programmation n’est actuellement donné au lycée professionnel. Une cohérence globale de cet enseignement pour tous les élèves est indispensable.
  • Au lycée général et technologique est annoncée la création d’une nouvelle discipline en seconde « sciences numériques et technologie » et d’une spécialité pour le cycle terminal « numérique et science informatique » sur lesquelles nous n’avons pas d’information. Ces enseignements auront nécessairement des répercussions sur les programmes de mathématiques. L’APMEP demande que l’apprentissage du langage de programmation relève du programme de ces nouvelles disciplines. Les programmes de mathématiques s’appuieront sur une utilisation de ce langage.

   L’APMEP demande qu’une évaluation de la mise en œuvre de la réforme et des programmes soit organisée et elle souhaite y être associée.

Le bureau de l’APMEP