Compte-rendu du séminaire de l’APMEP consacré à l’OPTION SCIENCES Paris, 20 et 21 mai

Buts : faire le point sur les expérimentations de l’option Sciences ; convaincre un maximum de personnes de la nécessité et de la faisabilité de sa généralisation.

A. Présentation générale par Jean-Pierre Richeton

  1. Historique : Création au lycée Jean Monnet de Strasbourg, en 1997 en tant qu’option facultative ; ouverture en tant qu’option de détermination dans 9 lycées de l’académie de Montpellier, en 2004, dans 17 autres en 2005.
  2. Les motivations : Cf.§5 ci-dessous (5.) et le texte du collectif Action-Sciences http://www.sfc.fr/SocietesSavantes/Option-sciences.pdf
  3. Organisation : règles précisées dès le départ par une lettre de cadrage, contrôle de leur respect par une visite de 2 ou 3 IPR des disciplines concernées, avec rapport de visite.
    3 heures consécutives, répartition entre les 3 enseignants modulée, d’une semaine sur l’autre ; parfois interventions simultanées de 2, voire 3 professeurs ; sorties, visites, etc.
  4. Le public :
     Recrutement sur dossier ; on privilégie les curieux, les motivés, et les filles.
     les lieux d’implantation montrent qu’il ne s’agit pas d’une option élitiste
     en grosse majorité, les élèves auraient, à défaut de l’option Sciences, choisi l’option SES.
  5. Objectifs généraux :
     favoriser l’autonomie des élèves, leur prise d’initiative,
     leur faire découvrir la démarche scientifique,
     les inciter à s’engager, en connaissance de cause, dans des études scientifiques,
     éliminer chez eux la peur des sciences, et des mathématiques en particulier,
     accroître la proportion d’élèves qui choisissent des études scientifiques.

B. Comptes-rendus de quelques équipes

Mas de Tesse (Montpellier), Bagnols sur Cèze, Cluses (Haute Savoie), Caen (Voir http://pedagogie.ac-montpellier.fr/disciplines/maths/apmep/index.htm).
Grande diversité des approches (choix des thèmes, rythmes…) avec cependant des constantes : la rencontre de certaines notions, comme celle d’ordre de grandeur ; le support : un cahier de recherche unique ; les thèmes sont choisis par les enseignants.
Exemples de thèmes et d’activités :
 la vue : dissection de l’œil ;
 dissection d’un système nerveux de poisson ;
 réflexion/réfraction ;
 contournement d’un objet par un rayon lumineux ;
 l’eau : y a-t-il plus ou moins de gouttes d’eau dans la Méditerranée que de molécules dans une goutte d’eau ?
 la démarche scientifique ;
 l’infiniment grand, l’infiniment petit ;
 les fonctions du temps ;
 les éclipses ;
 excursion à la Mer de Glace : prélèvement, mesures ; cristallographie -> polyèdres (maths), croissance de cristaux (SVT) ;
 participation à l’Exposciences Einstein.
Processus général : constat -> problématique -> décortication en problèmes -> hypothèses -> test de ces hypothèses (matériel mis à disposition) -> validation (ou non) -> conclusion -> réalisation d’un travail de synthèse
Résultats : la plupart des élèves de l’option vont en S ; quelques uns en STL, d’autres en ES ou L.

C. 3 ateliers-débats en parallèle

  1. Evaluation du dispositif. Elle est en cours à Montpellier : visites (Cf.A.3) ; étude statistique sur l’évolution des effectifs en option MPI, en 1ère S, etc,...
    Il faudrait intégrer à l’étude : évolution des candidatures pour MPI, taux de passage en S, taux de réussite au bac, choix de poursuites d’études ; impact sur les notes de TPE ; enquête de satisfaction.
  2. Evaluation des élèves. Note trimestrielle unique, attribuée en concertation par les 3 enseignants. Il y a des cas de distorsion de notes entre option sciences et maths "ordinaires". La notation doit être positive : valoriser les compétences nouvellement acquises, et non pas sanctionner les lacunes.
  3. Formation des enseignants en vue d’une généralisation de l’option. S’il y a généralisation il y a risque de panique pour certains collègues. D’où la nécessité d’une formation rassurante ; montrer qu’on peut faire en option Sciences des choses simples ; insister sur le travail en équipe ; rôle central des IREM.

Plage "actualités" récente sortie du Rapport sur l’enseignement des disciplines scientifiques, par une commission parlementaire ; extrait de ses propositions : « Créer et généraliser une option science en classe de seconde » (voir http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3061.asp)

D. Table ronde de personnalités

Robert Rolland, directeur de l’IREM de Marseille, représentant l’ADIREM ;
Jean-Charles Jacquemin, président de l’UdPPC ;
Eliane Vernet, présidente de l’APBG ;
Jacques Moisan, doyen de l’Inspection Générale de mathématiques ;
Jean-Pierre Kahane, membre de l’Académie des sciences, ancien président de la CREM ;
Dominique Courtillot, IA-IPR de physique, chargée de mission pour la promotion des sciences, par le Rectorat de Montpellier ;
Jean-Louis Piednoir, inspecteur général honoraire de
mathématiques ;
Jean-Pierre Richeton, professeur au lycée Mas de Tesse, "inventeur" de l’option sciences.
Jacques Moisan très favorable à l’option sciences en 2005, doit maintenant suivre la position officielle de l’ensemble de l’IG, qui prend en compte l’opposition d’une majorité des IG de physique et SI : ne pas favoriser ni interdire les créations d’options sciences. L’évaluation des options sciences sera mise en place dès la prochaine année scolaire, en commun par les IG de maths, SVT, physique.
Tous les autres participants soutiennent l’option sciences, sous certaines conditions :
 plages de 3 heures, cadrage national, égalité de temps pour les 3 disciplines, groupes réduits, enseignement axé sur recherche, expérimentation, démarche d’investigation, utilisation des spécificités régionales (E. Vernet)
 qu’elle ne nuise pas aux options MPI, PCL (J.C. Jacquemin)
 qu’on y retrouve la méthode expérimentale, les visites sur le terrain ; qu’on prenne garde aux dérives possibles (J.L. Piednoir)
 qu’elle prenne en compte les travaux des IREM (R.. Rolland)
 qu’elle puisse exister aussi dans les lycées technologiques, incluant les sciences de l’ingénieur (R.. Rolland, J.C. Jacquemin)
Dominique Courtillot apporte des informations : à Montpellier l’option sciences est une partie de l’action de promotion des sciences, l’autre volet étant l’expérimentation de l’enseignement unifié des sciences en 6ème. A la rentrée 2006, le nombre de lycées concernés atteindra 35. La crainte des enseignants de physique de perdre MPI, PCL, ISI est vaine : sur les 880 élèves de l’académie qui suivent l’option, 878 ont été pris à l’option SES : l’effectif de MPI n’a pas diminué ; deux lycées associent les SI à l’option sciences.
JP Richeton regrette la frilosité de l’inspection générale, et la supplie : "défendez nous !"

Le séminaire s’est terminé par un débat entre les participants à la table ronde, puis avec le public.
De nombreux intervenants répètent les arguments déjà évoqués en faveur de la généralisation : faible coût, répond à une demande, nombreuses équipes prêtes, absence d’option vraiment scientifique, cruel manque de scientifiques…
J. Moisan rappelle le prétexte légaliste du refus : selon la loi, une option de détermination ne peut pas contenir une matière déjà rencontrée par les élèves.

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