RENCONTRE AVEC LA CONFERENCE DES PRESIDENTS D’UNIVERSITE

Une délégation, conduite par René Cori, président de l’ADIREM (Assemblée des Directeurs d’IREM) et Pascale Pombourcq, présidente de l’APMEP, a été, sur sa demande, reçue le 19 janvier par Yves Lichtenberger, président de la commission « pédagogie et formation continue » de la Conférence des Présidents d’Universités (CPU).

L’entretien, qui s’est déroulé dans une atmosphère très conviviale, a porté essentiellement sur le fonctionnement du réseau des IREM, replacé dans son contexte historique, face à ses besoins actuels ainsi que sur l’intégration des IUFM dans les universités et le rôle possible des IREM à cet égard.

D’emblée Y. Lichtenberger a précisé qu’il connaissait les IREM et était assuré de la vision positive de leur travail tant parmi les présidents d’universités qu’à la Direction Générale des Enseignements Supérieurs au ministère. La délégation s’est réjouie de cette déclaration de principe, mais a remarqué que ceci est en contradiction avec certains comportements enregistrés dans des universités et avec la baisse continue des moyens subie par les IREM. Elle a rappelé brièvement l’histoire des IREM, depuis leur création à la fin des années soixante, en particulier sous l’influence de l’APMEP, et mis en évidence leur fonctionnement en réseau. Le travail des IREM se situe dans une perspective disciplinaire, ce qui explique que leur place dans les organigrammes des universités soit nécessairement auprès des laboratoires de mathématiques. A cet égard, il est regrettable que, dans certains cas, les IREM ne soient pas suffisamment connus au sein de leurs universités. Il a été envisagé que la CPU manifeste son soutien aux IREM par un message incitant les universités où ils se situent à leur affecter des moyens horaires à la hauteur de leur mission. De tels services pourraient souvent être dégagés plus facilement que jadis, dans le contexte actuel de diminution des effectifs des étudiants en sciences, d’autant plus que les enseignants investis dans les IREM jouent souvent un rôle important dans les initiatives visant à lutter contre cette diminution.

Yves Lichtenberger a affirmé que le soutien aux enseignants du secondaire devrait être aujourd’hui une mission importante des universités et que l’expérience unique des IREM en matière de réalisations communes aux enseignants des différents ordres (primaire, secondaire, supérieur) doit être utilisée.

S’agissant de l’articulation des enseignements secondaire et supérieur, la délégation a fait état des opérations conjointes des IREM et de l’APMEP, aux côtés d’autres organismes (Animath, Math-en-jean, Kangourou, Société Mathématique de France, laboratoires universitaires de mathématiques…). Mais il subsiste un très fort besoin d’actions de partenariat mieux inscrites dans la durée et dans le fonctionnement propre des lycées. Ont été envisagées des modalités telles que des conventions de tutorat de lycéens par des étudiants, des échanges partiels de services entre les enseignants de lycées et universités. L’accord se fait sur le point que, s’agissant des mathématiques, les IREM fournissent pour concrétiser tout cela un cadre qui n’existe dans aucune autre discipline.

En ce qui concerne l’intégration des IUFM dans les universités, Yves Lichtenberger a souligné qu’il s’agit là d’une réforme dans laquelle la CPU est totalement engagée, même si de nombreuses modalités restent à mettre au point. Au sein de la CPU, un groupe de travail, présidé par Madame Simone Bonnafous, présidente de Paris XII, est chargé du suivi de ces opérations.

La délégation a exposé ce que le réseau des IREM peut apporter à l’occasion de cette intégration : une expertise concrète sur l’enseignement des mathématiques, conjuguée avec une expérience du travail pluridisciplinaire dont on a lieu, jusqu’ici, de regretter l’insuffisance dans les IUFM. Cette expérience conforte l’APMEP et les IREM dans la conviction que ce n’est pas dans la mise en place d’enseignants « bivalents » que l’on peut espérer améliorer la formation des élèves de collèges ou lycées ; en revanche les IREM œuvrent à la coordination entre les enseignants de mathématiques et ceux d’un large éventail d’autres disciplines : sciences exactes, sciences humaines et sociales et, ce qui paraît de plus en plus essentiel, français. On pourrait espérer qu’une meilleure articulation s’effectue à l’avenir entre les structures du type « master à vocation enseignement » et la formation professionnelle des enseignants : les collègues impliqués dans les IREM ont en cela une expérience certaine. Les IREM ont développé une pratique des relations avec les différents acteurs de l’éducation nationale (en particulier les corps d’inspection) que n’ont pas au même degré les autres composantes des universités.

La délégation a évoqué le caractère extrêmement ambitieux du cahier des charges national pour la formation des maîtres qui vient d’être publié au BOEN (4 janvier 2007), où, au vu de l’expérience accumulée en particulier par l’APMEP, la liste des compétences attendues des enseignants en matière de relations avec les élèves apparaît peu réalisable. Yves Lichtenberger a précisé que ce texte est là pour pointer les insuffisances des formations actuelles. Il a indiqué qu’il faut le voir comme un support d’améliorations et non comme une liste d’exigences qui pourraient intervenir en défaveur des enseignants ; ce sera aux instances de formation des enseignants de rendre compte des actions menées pour fournir aux étudiants les outils utiles pour l’exercice de leur métier.

La délégation a insisté sur le fait, avec lequel Yves Lichtenberger était tout à fait d’accord, que les IREM sont des organismes universitaires de recherche et que leur expérience peut contribuer à favoriser une logique de recherche au sein des IUFM (ce qu’ils font d’ailleurs déjà largement dans le cadre actuel d’autonomie des IUFM par rapport aux universités).

Le contact amorcé lors de cette rencontre sera poursuivi aussi bien avec la commission « pédagogie et formation continue » (échange d’informations sur le suivi assuré tant par la délégation auprès de ses mandants que par Yves Lichtenberger auprès de l’ensemble des présidents d’universités) qu’avec le groupe de travail de la CPU sur les IUFM. Une rencontre ultérieure de l’APMEP et de l’ADIREM avec Madame Bonnafous sera programmée.

Hombeline Languereau, Pascale Pombourcq, René Cori, Jean-Pierre Raoult

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